vendredi 7 décembre 2007

LES PHARES

Sachons-le une fois pour toutes: les chevaliers des temps modernes, les créateurs, les phares de la pensée d'un pays, les exemples à suivre par notre belle jeunesse, ce ne sont plus les artistes brillants, les écrivains lumineux, les poètes vibrants ou les chercheurs géniaux: ce sont les dirigeants d'entreprise, riches et jet-setteurs de préférence.
Une grande partie des Français ont connu une époque, bien révolue, où les ingénieurs, les médecins, les physiciens, les philosophes, les écrivains, les humanistes même, étaient admirés, constituaient les élites du pays et donnaient envie aux plus jeunes de suivre leur voie, celle de cet accomplissement personnel dans la connaissance profitable à tous. Ils étaient riches de savoir et de sagesse; les élus de la nation les recevaient, les honoraient et les montraient en exemple.
Au soir de son élection à la magistrature suprême et dans les jours qui ont suivi, M. Sarkozy a choisi de côtoyer ostensiblement les hommes les plus riches et les plus puissants, en les invitant ou en étant leur invité ; il a clairement désigné son camp et lui a montré combien il lui était attaché.
Les soi-disant représentants des prétendues élites intellectuelles, avides tout à coup d’autorité et de rupture libérale, ont pour la plupart, surtout les ex-maos, rejoint le giron du Chef, qui promettait monts, merveilles, missions officielles et hochets honorifiques, à condition qu’ils se tussent ou l’approuvassent discrètement. La place médiatique est libre pour ces Messieurs les plus nantis, qu’ils exploitent dans le BTP, le luxe bien français, le commerce intercontinental ou la distribution. Ils sont d’autant plus précieux au pouvoir qu’ils ont tous pris soin d’investir massivement dans les médias, afin de les contrôler financièrement et politiquement : il y a ainsi réciprocité de services.
Cette situation n’est pas sans rappeler celle de la fin du XIXe siècle, où le Comité des Forges faisait la pluie économique et le beau temps politique en France. Elle s’en rapprochera de plus en plus, puisque les mesures prochaines de destruction du Code du Travail, de la protection santé et de la protection sociale aboutiront à ce que toutes ces belles âmes attendent depuis cette époque : le retour à une société vraiment libérale, où chacun se bat sans solidarité ni union face aux coups de la vie ou aux pouvoirs économiques. Dans le système économique libéral, c’est la certitude pour les plus nantis de renforcer les inégalités à leur profit.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Les nouveaux phares ont-ils un animal domestique?
Oui ils passent à la tele.

Ils ont tout mais pourtant il leur manque l'essentiel . Un sentiment de respect , un regard admiratif que leurs anciens,ceux dont ils usurpent les places, recevaient à chaque instant partout même au hasard d'une rencontre dans la rue.

Pour masquer ce vide ils vont s'étourdir là où d'autres auraient eu honte de se montrer. Sur les plateauxtelepople des marchands de lessive. Ardisson a déjà reçu l'entier ministère qui nous opprime et l'entier auquel nous avons échappé.
Ce matin a mon école le sujet était . Tu pars dans trente jours et on ne sait pas si tu seras remplacé....
Pas bon pour la lumière et pas bon pour le son CoCo.
On la refait

Didoujo

Marcel Thiriet a dit…

Ce sont les nouvelles féodalités. L'histoire bégaierait-elle?...

Philippe Renève a dit…

Inutile de la refaire, didoujo: elle est bonne.